Optimus Technology Inc. a fait l’acquisition de la plateforme de gestion des chargements et des flottes de SmartHop et prévoit désormais de la proposer gratuitement aux petits et moyens transporteurs. L’opération, annoncée lundi, n’a pas été accompagnée de précisions financières.
Basée à Austin, au Texas, Optimus compte distribuer la technologie SmartHop par l’intermédiaire de partenaires financiers, d’assureurs et d’acteurs de la logistique qui travaillent déjà avec des dizaines de milliers d’entreprises de transport routier. Selon Optimus, les plateformes exploitées par ces partenaires enregistrent ensemble plus de 40 000 utilisateurs actifs chaque semaine.
L’entreprise prévoit de transformer SmartHop en un kit de développement white-label, conçu pour être directement intégré aux applications que les transporteurs utilisent déjà. Ed Stockman, fondateur et CEO d’Optimus, a expliqué à FreightWaves que cette approche doit permettre aux partenaires de proposer la solution sans obliger leurs transporteurs à adopter un nouvel environnement numérique.
Dans sa présentation destinée aux partenaires, Stockman souligne que l’outil numérique de dispatch, désormais gratuit, peut reprendre leur propre logo et leur identité visuelle afin d’être intégré à leur application existante. Les transporteurs déjà connectés à ces plateformes pourront notamment gérer leurs camions, rechercher des chargements et les réserver.
En contrepartie, Optimus récupérera les données liées à l’activité de transport générée par la plateforme.
« All of that data runs through our pipes and helps build the simulations for the physical economy », a expliqué Stockman.
Selon lui, les partenaires qui fournissent ces données, notamment les institutions financières et les compagnies d’assurance, cherchent tous à renforcer leur relation avec leurs transporteurs et à rendre leurs services davantage indispensables. Ces acteurs ont déjà étudié, selon Stockman, la possibilité de racheter ou de développer leurs propres entreprises spécialisées dans le dispatch numérique.
SmartHop Data Feeds the Freight Model
Les données issues de SmartHop doivent alimenter le Freight Intelligence Graph, le jumeau numérique du réseau de fret américain qu’Optimus avait présenté en août. Ce modèle vise à représenter les effets des perturbations et des évolutions structurelles sur les flux de marchandises.
Optimus affirme que son réseau de données couvre déjà une part importante du marché américain du full truckload et qu’il se trouve à quelques mois seulement d’atteindre une masse critique.
Pour Stockman, l’intégration de SmartHop permet surtout à Optimus d’accéder à des transactions de transporteurs qu’elle n’aurait pas pu obtenir autrement, notamment auprès des petites et moyennes flottes.
Ces entreprises disposent de budgets limités, estime-t-il. Chaque logiciel ou service payant supplémentaire représente donc une dépense qui vient réduire leurs marges.
Stockman rappelle également que SmartHop a consacré plusieurs dizaines de millions de dollars au développement de son logiciel. L’entreprise avait, selon lui, construit « a hell of a product that got great reviews from the carrier community ».
Fondée et dirigée par Guillermo Garcia, SmartHop avait levé 16,5 millions de dollars à travers son tour de Series A en février 2021, selon les informations rapportées à l’époque par FreightWaves.
L’objectif d’Optimus est avant tout de récupérer les données relatives aux mouvements de marchandises : leur point de départ, leur destination, le moment où elles sont transportées et la manière dont ces flux évoluent dans le temps.
Stockman précise toutefois que les tarifs négociés sur les chargements individuels ainsi que l’identité des entreprises qui réalisent ces transactions ne constituent pas la finalité du projet. Selon lui, ces informations sont, dans de nombreux cas, supprimées ou masquées dans les modèles utilisés par Optimus.
Brokers Pay for the Data
La construction et l’exploitation d’un modèle de cette ampleur représentent un investissement important. Pour Stockman, deux approches permettent de financer cette infrastructure.
La première consiste à disposer d’une réputation et d’un historique suffisamment solides pour attirer des investisseurs capables de financer largement le développement de l’entreprise. La seconde est de démontrer que les clients sont prêts à payer pour le logiciel qui génère et héberge les données nécessaires au modèle.
Optimus estime avoir trouvé cette preuve à travers son activité destinée aux brokers.
Son logiciel fonctionne avec le TMS d’un broker afin d’analyser les activités dans lesquelles celui-ci est déjà performant. Il identifie ensuite de nouveaux chargeurs à cibler et fournit aux équipes commerciales des informations permettant de les contacter : noms, adresses e-mail, numéros de téléphone et argumentaire commercial.
Stockman prend notamment l’exemple d’un broker particulièrement performant dans le transport de marchandises automobiles à destination de Detroit. Le logiciel peut lui identifier 14 autres chargeurs qu’il devrait contacter.
Selon lui, la plateforme fournit ainsi aux brokers « all the answers to the test ».
Stockman affirme que les données et les outils développés par Optimus ont déjà permis de générer plusieurs dizaines de millions de dollars de nouveaux revenus bruts pour ses clients.
Modeling a Houston Hurricane
Pour illustrer les capacités de son modèle, Stockman cite également la simulation réalisée par Optimus autour d’un scénario dans lequel un ouragan frappe Houston.
En analysant l’impact de la catastrophe sur un chargeur donné, il explique que le centre de distribution de l’entreprise situé à Seattle dépendait de stocks provenant de Houston. Ces marchandises transitaient ensuite par Los Angeles et Portland, dans l’Oregon, avant d’atteindre Seattle.
La rupture d’un seul de ces axes pourrait donc avoir des conséquences en chaîne.
Si la liaison entre Houston et Los Angeles est interrompue, puis celle entre Los Angeles et Portland, et enfin celle entre Portland et Seattle, le centre de distribution de Seattle se retrouve entièrement isolé de son approvisionnement, explique Stockman.
Pour Optimus, ce type de simulation peut intéresser un large éventail d’acteurs de la chaîne logistique, notamment les distributeurs, les industriels, les brokers, les transporteurs et les assureurs.
Stockman estime notamment que de nombreuses compagnies d’assurance cherchent désormais à développer des couvertures dynamiques calculées au niveau de chaque chargement, ce qui pourrait constituer une nouvelle application des données et des modèles développés par Optimus.

















